Depuis notre naissance, notre organisme se développe et fonctionne sous l’influence constante de la gravité terrestre. Mais que devient le corps humain lorsque cette contrainte disparaît presque totalement ? En microgravité, l’organisme doit s’adapter à un environnement pour lequel il n’a jamais été conçu : les muscles s’affaiblissent, les os se déminéralisent, le système cardiovasculaire se réorganise, tandis que l’équilibre, la perception et même certains aspects psychologiques peuvent être perturbés.
Cette conférence propose de découvrir comment le corps humain s’adapte aux conditions particulières du vol spatial et comment les scientifiques étudient ces transformations afin de mieux protéger la santé des astronautes. Car étudier les effets de l’espace ne nécessite pas toujours de quitter la Terre : vols paraboliques, alitement prolongé, immersion sèche, modèles animaux ou encore étude d’espèces capables d’hiberner permettent de reproduire ou de comprendre certains aspects du déconditionnement lié à la microgravité.
Nous explorerons également les environnements extrêmes utilisés comme analogues des missions spatiales, des stations isolées en Antarctique aux habitats simulant de futures missions sur la Lune ou Mars.
Mais comprendre comment l’être humain s’adapte à l’espace, c’est aussi mieux comprendre notre santé sur Terre. La perte musculaire et osseuse, le déconditionnement cardiovasculaire ou encore les conséquences de l’inactivité présentent de nombreux parallèles avec le vieillissement, l’alitement prolongé ou certaines pathologies. Les connaissances et contre-mesures développées pour préserver la santé des astronautes peuvent ainsi contribuer à mieux prévenir et prendre en charge ces problématiques sur Terre.
À travers ces différents modèles, cette conférence montrera comment l’étude de l’espace nous permet non seulement de préparer l’exploration humaine de demain, mais aussi de mieux comprendre notre physiologie, intimement façonnée par la gravité, et d’en tirer des connaissances précieuses pour la santé sur Terre.
Conférence animée par Margot Issertine
Margot Issertine est docteure en sciences du mouvement humain de l’Université de Montpellier. Ses recherches portent sur la physiologie spatiale, c’est-à-dire sur les effets de la microgravité et des gravités partielles sur l’organisme, et plus particulièrement sur le déconditionnement musculaire et les stratégies permettant de le prévenir. Au cours de son parcours, elle a travaillé sur différents modèles de recherche en physiologie spatiale, allant des modèles animaux aux études d’alitement prolongé et d’immersion sèche, et a également participé à des campagnes de vols paraboliques.
Également astronaute analogue et aujourd’hui directrice de la recherche chez ICEE.Space, elle participe au développement et à la mise en œuvre de recherches scientifiques lors de missions analogues. En parallèle, elle poursuit une spécialisation d’ingénieure en développement des systèmes spatiaux au Centre Spatial Universitaire de Montpellier, en alternance au MEDES (Institut de médecine et de physiologie spatiale). À travers ce parcours à l’interface entre recherche biomédicale et ingénierie, elle s’intéresse aux enjeux liés à la santé humaine et à la préparation des futures missions d’exploration spatiale.